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Rendez-vous de Muret
saison 2007-2008
Maurice Ravel, Hervé Billaut, concert lecture

Oeuvres pour piano, correspondances

 Maurice Ravel, Hervé Billaut, concert lecture 

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10 avril 2008
Jeudi 10 avril 2008
20h30
Espace Hermès, Lycée Charles de Gaulle, Muret

A 19 ans, Hervé Billaut a reçu le Grand Prix Marguerite Long de piano. Il a joué à Paris, Toulouse, Lièges, au Brésil, au Portugal, à Grenade, aux USA et cet été 2007, au Festival International de piano de La Roque d’Anthéron.
A Muret, où il a souvent été invité par le Prix du Jeune Ecrivain, il interprète les œuvres de Fauré, Albéniz, Séverac, Satie et le Tombeau de Couperin de Ravel. Ces œuvres sont entrecoupées des lectures d’extraits des correspondances de Ravel avec Jean Cocteau, Erik Satie, Mme de Saint Marceaux, Manuel de Falla, Gabriel Fauré, Igor Stravinsky, et de quelques pages de Ravel, de Jean Echenoz (Editions de Minuit). Lecture de Lettres par Régis Lux.

Concert placé sous le mécènat de la Fondation d’Entreprise La Poste, de la Clinique d’Occitanie de Muret et des Pianos Daniel Parisot. A la découverte de Ravel : un Concert-Lecture magnifique

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La nouvelle salle de l’Espace Hermès


Jeudi 10 avril, à l’Espace Hermès au Lycée Charles de Gaulle à l’acoustique nettement améliorée, un public de mélomanes très attentif a eu le privilège d’écouter le magnifique pianiste Hervé Billaut lors d’un Concert-Lecture essentiellement consacré à Maurice Ravel.

La soirée commença par un émouvant hommage à une très ancienne amie du Prix du Jeune Ecrivain, Geneviève Moure, récemment décédée, émotion que prolongea une exécution sensible et recueillie de la célèbre Pavane pour une infante défunte.
Ensuite, outre un beau Prélude de Gabriel Fauré, maître de Ravel, et les spirituels Minstrels de Claude Debussy, évocation probable des musiciens noirs américains que l’on découvrait à l’époque, Hervé Billaut interpréta de nombreux extraits du Tombeau de Couperin, faisant preuve d’une extrême délicatesse dans la Forlane autant que d’une époustouflante virtuosité dans la Toccata, de même que dans l’Alborada del Gracioso.

Lecture de lettres :

Chaque pièce était précédée de la lecture, par l’excellent comédien Régis Lux, au ton juste et sans emphase, d’une ou plusieurs lettres écrites par Ravel ou adressées à lui, qui permettaient de découvrir des aspects mal connus de cette personnalité un peu mystérieuse : sa profonde mélancolie sous son apparence de dandy, la sincérité de son engagement patriotique lors de la Grande Guerre, malgré sa constitution fragile, excluant d’ailleurs tout nationalisme, ou son anticolonialisme… Les lettres où il raconte sa triomphale tournée aux USA donnèrent au pianiste l’occasion de jouer avec puissance et dynamisme deux pièces très brillantes de Gershwin, soulignant ainsi l’intérêt que Ravel portait au jazz naissant. Vivement applaudi et rappelé par un public enthousiaste, Hervé Billaut nous offrit en bis un joli morceau d’Albeniz, illustrant du même coup l’attachement du compositeur à l’Espagne.
C’est donc cette liaison étroite de la musique et des textes qui faisait toute l’originalité de cette soirée très dense, très riche et très cohérente. Une expérience passionnante, à renouveler.