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Actualités littéraire et éditoriale
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Nouvelles de Lombez (Editions Privat)

Des écrivains et leurs stagiaires de tous âges (de 13 à 64 ans) et de toutes nationalités (française, belge, suisse et canadienne)...

 Nouvelles de Lombez (Editions Privat) 

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juillet 2006

Les textes écrits lors des 8ème Ateliers d’Ecriture de Lombez (juillet 2005) du Prix du Jeune Ecrivain, dans les ateliers d’écriture de Alain Absire, Christiane Baroche, Jean-Noël Blanc, Georges-Olivier Châteaureynaud, Patrice Delbourg et Christine Goémé ont été jugés par Les Editions Privat d’une qualité telle qu’ils ont été édités sous le titre Nouvelles de Lombez. Cet ouvrage de 46 nouvelles, dont six sont dûes aux écrivains responsables des Ateliers, est disponible en librairie au prix de 15 €

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Tekel patient Tekel psy
Guillaume MASSAS, 14 ans (France)

Le seul souvenir que j’ai ramené de chez mon psy, c’est une punaise. Dorée. Enfin, je dis une punaise, mais c’était plutôt juste le dos, parce que la partie saillante, je crois qu’un de ses patients l’a bouffée. Moi, j’ai de légers troubles psychotiques... Cela ne fait guère longtemps... Enfin, pas mal de temps quand même, parce que mes tuteurs ont dû offrir à mon bienveillant thérapeute une somme conséquente. Mais, bon, il convient de dire aussi qu’il est âgé et les psy, c’est comme les Chevrolet, côtés à l’argus, mais à l’envers : plus le thérapeute est âgé, plus il est onéreux.
J’ai commencé à entrer dans de rocambolesques délires lorsqu’une de mes intimes relations a été raflée par la maréchaussée. J’en fus témoin. Je vaquais avec mes bienfaiteurs tandis que Landru, ma relation, se trouvait par un grand hasard esseulé. Ensuite ils sont arrivés, et ils l’ont subtilisé, parce qu’ils ne pouvaient prendre connaissance de son identité. Mais ce cher Landru, bien décidé à ne pas s’en laisser compter, tenta de les dilacérer. Le lendemain, ça a pleuré chez lui. Alors je crois qu’ils l’ont envoyé ad patres.
D’abord, avec mon psy, nous avons joué. Moi, surtout. Il me fit grâce d’une balle, et je devais m’occuper avec. Cela me divertissait, mais je ne me sentais pas devenir moins fou. Alors il a commencé à me parler. Je ne comprenais pas tout, mais je le regardais fixement, pour signaler mon intérêt. Il me parlait de mon ça, de mon moi, de mon nôtre et de mon super-l’autre. Ensuite, nous jouâmes au Sherlock Holmes et au professeur Moriarty. Il me montra des libellules couleur de cendre et très énigmatiques, et je devais deviner, cherchant la moindre trace, ce qu’elles étaient censées représenter. Mais je ne fus doté ni de loupe ni de jaquette à carreaux... Il me parla aussi d’un certain M. Deep qui faisait des SigmundFreudaines avec sa mère.
Un jour, il a apposé un nom scientifique sur ma maladie II a parlé de schizophrénie. Je lui ai répondu :
- Docteur, il ne me semble pas souffrir de dédoublement de personnalité... .le suis moi-même, pas moi-même et un autre, vous comprenez ?
Psychose toujours, tu m’intéresses. C’est ce jour-là que je me suis rendu compte qu’il dormait pendant nos séances. Et en dormant beaucoup il avait tout oublié. Il ne se souvenait même plus de ce qu’il m’avait dit. Mon thérapeute souffrant de l’Alzheimer, il fut conduit chez un autre psychiatre, et je terminai ma thérapie ailleurs, dans un cabinet légèrement moins spacieux, mais avec un soignant éminemment plus compétent, et par là même éminemment plus onéreux. Mais ce n’était pas un problème pour mes bienveillants protecteurs...
Après trois mois, il les a convoqués. Ils ont été soulagés, et puis m’ont signifié :
- C’est bon, Ralf, on peut rentrer.
Depuis ce jour, je n’ai plus revu mes psy. Mais j’en ai profité pour garder une punaise, ou plutôt puniaise, qui délibérément et sans mon consentement s’est attachée à moi. Maintenant je me dégourdis à nouveau les pattes avec eux.
Mes bienfaiteurs ne sont pas très sympathiques (La pendule fait sympatic tac, tic tic !). Mais je fais avec, je n’ai qu’eux (« Que reste-t-il de nos amours ? »). Mais je pense m’échapper sous peu. Avec mes aminches de la venelle (<< Elle court, elle court, la maladie d’amour, dans le coeur des enfants... »). On va se trouver une coquette résidence (avec les loups), où nous allons nous installer (« Leerdammer ou je fais un malheur »). On sera colocataire (« Terre brûlée au vent des landes de pierres, autour des lacs3... »)

« Pour la bouffe, je me débrouillerai », avait dit une ventripotente éminence du même pâté de maison. Je crois que je vais partir tout de suite en fait. Je prends devant la porte la Suzuki (« Qui a le droit, qui a le droit, qui a le droit, de faire ça ? »). Je laisse tout ! Mon panier (« Zéro pour cent de Yoplait » !), mes jouets, tout ! Je vais me barrer en catimini (tout petit catimini bikini), et puis après je me délecterai des os de mes psy ! ! Je le ramènerai aux copains (Pain and suffering are the soul of the blues oh yeah !), ils me respecteront (« Et ron et ron petit patapon ») et l’on aura à manger (« J’ai la rate qui se dilate, le coccyx, qui se dévisse ») pour longtemps ! Je sens déjà la lourde qui se désopercule, le vent qui me cingle le mascaron, la fragrance de l’indépendance qui ramène sa fraise à ma truffe !
- Ralf ! Viens mon chéri ! Qui c’est qui va avoir un beau nonos ? Eh oui, c’est le gentil Ralfi !
Ah ! Cruel dilemme mental ! Hard, hard la vie de cabot, moi je dis ! moi je dis !


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