Pourquoi depuis neuf ans, venus du Gers, de Midi-Pyrénées, de toute la France, du Québec, d’Algérie, du Tchad, des deux Congo, du Cameroun, du Maroc, de Turquie, du Liban, de Bulgarie, d’Haïti, de Suisse, des stagiaires de tous âges viennent-ils, au début de juillet, consacrer deux semaines de leur vie aux Ateliers d’Ecriture de Lombez ?
Parce que, pour reprendre les propos de Roger Vrigny, ils éprouvent le « besoin d’écrire ».
Parce qu’ils ont besoin du regard, c’est-à-dire de la distance, du jugement d’écrivains confirmés.
Parce qu’ils savent que le métier d’écrivain, dont certains mais pas tous, rêvent, n’existe pas d’entrée de jeu.
Parce qu’il faut à chaque apprenti écrivain du temps, du recul et le regard des autres.
Parce que sans ces trois conditions, le travail d’écrivain reste inopérant.
Les écrivains qui animent les Ateliers d’Ecriture de Lombez (Alain Absire, Prix Fémina 1987 ; Christiane Baroche, Grand Prix de la Nouvelle de la SGDL 1994 ; Jean-Noël Blanc, Prix Renaissance 1995 ; Georges-Olivier Châteaureynaud, Prix Renaudot 1982 ; Michel Host, Prix Goncourt 1986 ; Lionel Ray, Prix Goncourt de Poésie 1995, Grand Prix de Poésie de la SGDL 2001) transmettent chaque année cette nécessité du travail. Ils montrent, reprises et ratures à l’appui, que la spontanéité en écriture est le fruit, souvent besogneux de la relecture critique.
La magie des Ateliers d’Ecriture tient de ce travail assidu, du contact avec les écrivains ateliéristes, en même temps que de l’esprit d’invention et de découverte.
Car tel doit être rassuré, tel autre doit quitter la routine scolaire, cette véritable « sourdine » pour reprendre les propos de Becket, tel autre enfin doit oser transformer sa personnalité.
Les thèmes proposés aux stagiaires par les écrivains, complétés par des lectures d’œuvres, sont de puissants aiguillons qui excitent l’imagination et déclenchent ce pourquoi chacun d’eux est venu à Lombez, c’est-à-dire l’écriture.
Le travail en atelier, qui implique le retour sur soi, le regard critique, le conseil judicieux impulse une dynamique telle qu’aucune feuille aucun écran ne restent vierges.
Enfin la lecture, en public, lors des Bistrots Littéraires de fin de stage, renoue avec la tradition à laquelle sacrifiaient les écrivains autrefois : soumettre leur texte à l’épreuve de l’oralité et soutenir l’intérêt de l’auditoire. Ainsi s’achèvent chaque année deux semaines ardentes d’écriture, d’attention partagée, de complicité, d’exigence de tous les instants, de bonheurs d’écriture.
Puissent ces poèmes et ces nouvelles, auxquels les six écrivains-ateliéristes nous ont fait le bonheur d’ajouter des œuvres personnelles inédites d’eux-mêmes, capter l’intérêt du lectorat et le conduire à des bonheurs de lecture.
Marc Sebbah
avec la complicité de Christiane Baroche et d’Odile Dot