Les ateliers d’écriture de Lombez ont eu lieu du 9 au 20 juillet 2007.
A Lombez, dans le Gers, écrire avec six écrivains
« Entre le marteau et l’enclume », ainsi l’écrivain Michel Host, prix Goncourt, définissait son atelier de l’été 2OO6 : ce titre pourrait parfaitement convenir à ce qui se passe à Lombez, au mois de juillet, depuis dix ans. Il y a, effectivement, un côté atelier du forgeron, dans cette entreprise exemplaire. On saisit l’idée, l’embryon de récit, on lui fait subir le feu de la critique qu’est la lecture orale devant ses pairs, on remet sur les braises, on modifie, pour être au plus juste de ce que l’on veut exprimer, en revenant sur le mot, en repoussant l’inutile, en reformulant au plus près la phrase, en redécouvrant les vertus de la ponctuation, voire des silences du texte…Ainsi se forge le récit.
Du 9 au 2O juillet, ont œuvré, sous la patiente attention de six écrivains, soixante-treize stagiaires, venus d’horizons différents et d’âge tout aussi divers – lycéens, étudiants, ingénieurs, médecins, enseignants- et des quatre coins de la planète – Canada, Haïti, Liban, Albanie, Turquie, Suisse. Il y avait des Gersois, et bien sûr des Lombéziens, séduits par la muse de la littérature.
Nombre de stagiaires reviennent depuis plusieurs années- trois, quatre, cinq ans- choisissant de travailler un autre thème que celui de l’année précédente, nourrissant leur inspiration et leur technique, de l’expérience acquise.
Un écrivain, un thème, un atelier
On travaille, en effet, à partir des thèmes définis par les écrivains :
du 9 au 13 juillet, Alain Absire, prix Fémina 1987, a proposé, non sans quelque volupté, Voir, entendre, goûter, toucher…Les plaisirs des cinq sens ! ;
Georges-Olivier Châteaureynaud, prix Renaudot 1982, a fait franchir de nouvelles limites avec Nouvelle fantastique : l’ange gardien et le mauvais ange ;
Michel Host, prix Goncourt 1986, a défini La nouvelle est une canaille. Déviance et transgression.
La semaine suivante, les thèmes n’étaient pas moins alléchants :
Christiane Baroche, Grand Prix de la Nouvelle 1994, a invité malicieusement, ses stagiaires au détournement avec un questionnement « N’avez-vous pas envie de changer les contes de fées ? » ;
Jean-Noël Blanc, prix Renaissance 1995, a centré son thème sur La nouvelle aux mots savoureux ;
Lionel Ray, prix Paul Verlaine 2OO5, a invité la muse lyrisme lyrique , avec Les mots et l’émotion poétique.
Chacun de ces thèmes, complétés par des lectures d’œuvres, se révèlent être de puissants aiguillons, qui titillent l’imagination et déclenchent ce pourquoi chacun est venu à Lombez, écrire ! Et le travail en atelier, qui implique l’échange, le retour sur soi, le regard critique, le judicieux conseil, impulse une dynamique, de sorte que personne ne reste sec devant sa feuille – ou plutôt devant son écran ! Enfin, la lecture, en public, lors des bistrots littéraires, renoue avec une vieille tradition à laquelle les écrivains d’autrefois sacrifiaient : soumettre son texte à l’épreuve de l’oralité, soutenir l’intérêt de l’auditoire…
Les soirées des bords de Save
La Save, modeste rivière qui naît sur le plateau du Lannemezan, n’a, peut-être, jamais vécu de telles manifestations ! De celles qui apportent plaisir des yeux, des oreilles, émotions de joie, sourires et rires. En un mot, du bonheur !
Tout a commencé avec le Meneau Jazz Band, le 1O juillet, à la Halle aux Grains de Samatan : une famille de jazzmen, tout droit venus de San Francisco, le père et ses fils, heureux de faire partager ces vieux airs vibrants et chaleureux. Le samedi 14 juillet, sur la place de la cathédrale de Lombez, sous un ciel clément, ils ont proposé un autre programme, devant un public encore plus nombreux et totalement sous sous le charme…Entre temps,
le jeudi 12 juillet, Les vies rêvées du facteur Timio , du théâtre des Ambulants, a invité le public à un voyage dans l’espace et dans le temps : apéritif devant la Maison des Ecritures, départ de la petite troupe et de son public vers le parc Pétrarque, en suivant la promenade des évèques ; là, sous les frondaisons, jeu à deux voix et un violoncelle, avec des textes de Boccace, Ronsard, et bien sûr de Pétrarque !
Les Fourberies de Scapin , par les Compagnons de la Chimère –lundi 16 juillet- ont marqué le point d’orgue de cette quinzaine. Arnaud Denis, par ailleurs metteur en scène, a été un Scapin d’une rouerie implacable et d’une drôlerie inégalée …Ses partenaires n’étaient pas moins virtuoses. Mise en scène, costumes, éclairages, musique, dans ce décor naturel de la place de la cathédrale, avec en fond la halle et l’ancien palais épiscopal du XVIIIe siècle, ont contribué à faire de ce spectacle un moment que l’on aurait aimé prolongé…Superbe hommage à Molière ! Les Compagnons de la Chimère ont su retrouvé son esprit, son dynamisme, cette légèreté dans le comique, ce mordant dans la charge critique sous le masque du rire.
Les trois compères et complices du Mej Trio – Didier Coll, Jacques Echene et Alain Jubert, ont chanté Georges –Brassens forcément ! - le jeudi 18juillet, sur cette même place. Ils ont su rendre sensible l’esprit sans concession du poète ainsi que sa tendresse, par une interprétation respectueuse – et affectueuse.
Les vendredi 13 et 2O juillet, les Bistrots littéraires ont laissé la parole aux stagiaires, venus « dire » l’un de leurs textes, rédigés dans les ateliers, aidés de « la main de fer sous le gant de velours » des écrivains « ateliéristes »…
Les textes écrits lors des 8ème Ateliers d’Ecriture de Lombez (juillet 2005) du Prix du Jeune Ecrivain, dans les ateliers d’écriture de Alain Absire, Christiane Baroche, Jean-Noël Blanc, Georges-Olivier Châteaureynaud, Patrice Delbourg et Christine Goémé ont été jugés par Les Editions Privat d’une qualité telle qu’ils ont été édités sous le titre de :
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